Quel appareil photo pour un tour du monde ?
Lisant ce qui précède et malgré son haut pouvoir de séduction, l'appareil numérique n'est pas encore tout à fait la solution miracle que le marketing nous promet. Chaque système a ses qualités et ses défauts. Il n'est pas interdit de
mixer les technologies en prenant 2 appareils: un numérique pour les photos de tous les jours et un compact argentique ''de secours''.
Jetables. Pas si jetables que ça d'ailleurs : ceux qui ont une âme de bricoleur pourront les recharger dans une chambre noire. Ils permettent de réaliser des photos de bonne qualité dans des conditions de lumière
optimales. Les plus intéressants sont les versions 'panoramique' ou 'étanche' utilisables jusqu'à 2-3 mètres de profondeur (j'en ai amené jusqu'à 25 m, mais le boîtier est trop déformé pour pouvoir déclancher ou faire avancer
le film).
Compacts. Ici, la gamme est très étendue, du modèle simple et très bon marché aux modèles prestigieux équipés des meilleures optiques. L'avantage
par rapport au jetable est un autofocus, un zoom et un flash intégrés. Ces appareils sont simples, pratiques, efficaces, légers... Incontestablement bien adaptés au voyage de longue durée. On peut les prendre partout et les garder dans la poche. Ce genre de matériel
est aussi moins tentant pour les voleurs qu'un gros réflex : un peut de scotch vert autour et il aura l'air cassé !
 Reflex. Plus chers que les compacts, plus encombrants, plus lourds, mais beaucoup plus créatifs. On peut contrôler
tous les paramètres, changer l'objectif pour s'adapter à toute prise de vue. Le cadrage est parfait, on voit dans le viseur exactement ce que sera la photo (très important en macro photo). En se servant d'un pied ou d'un support stable on peut réaliser des photos dans
l'obscurité comme cette photo de droite qui à nécessité une pause de 8 secondes.
L'heure du choix :
Il y a un compromis à trouver entre ses buts, ses finances et le poids de son sac. Pour ma part, j'ai laissé mon réflex 24x36 à la maison pendant mon tour du monde. J'ai choisi un appareil compact tout simple. Même si je me suis senti quelquefois frustré, j'ai privilégié le
poids et l'encombrement à la technique et la créativité. Pas besoin de se trimballer en ville avec son sac rempli d'objectifs.
Pour les courts séjours, je n'hésite pas : j'ai le reflex.
Quelles pellicules ?
Le format tout d'abord. L'APS n'est pas adapté aux voyages de longue durée car vous aurez du mal à vous approvisionner. Les pellicules standard 35mm sont de très loin les plus répandues. Même au fin fond de la brousse, vous en trouverez (même si elles
sont restées trois mois en plein soleil dans la vitrine du magasin !). Ce sera plus délicat de s'approvisionner en diapos hors des grandes villes, prenez donc des réserves si vous choisissez ce support.
La sensibilité de vos pellicules doit être adaptée à ce que vous photographiez. Les films les plus classiques font 100, 200 et 400 ASA mais on peut trouver d'autres sensibilités de 25 à 1600 ASA ou même des films infrarouges.
- Désert Saharien ? prenez du 50 ou 100 ASA, et un bon filtre UV et/ou un filtre polarisant si vous avez un appareil reflex.
- Jungle Amazonienne ? 400 ASA sera un minimum.
Que faire avec les pellicules ?
Le problème avec les pellicules c'est qu'elles craignent les hautes températures, l'humidité, les rayons X et qu'il vaut mieux les développer rapidement une fois exposées. Quand on déroge à une de ces règles les résultats sont ''inattendus''. Prudence donc pour la conservation : pas de stockage
dans le sac à dos sur le toit d'un bus en plein soleil !!! Dans les cas extrêmes on peut utiliser un sac isotherme + sachets dessicatifs (pour l'humidité). Dans les cas ''normaux'', on utilisera par exemple un sac plastique étanche genre ''Ziploc'' pour contrer l'humidité et la poussière. Plus
onéreux mais plus robustes, il existe des sacs étanches permettant d’aller sous l’eau, à voir dans les magasins de plongée. Pour les rayons X, toujours prendre les pellicules avec soi (pas dans la soute). Les appareils de contrôle à l'entrée des avions émettent des rayonnements
d'assez faible intensité. Cependant un début de voile peut apparaitre si les contrôles sont répétitifs (de 4 à 16 fois suivant la sensibilité du film). On peut toujours essayer de sortir ses pellicules du sac et demander poliment un examen manuel
: Cela ne marche pas tout le temps.
1- Envoyer les pellicules exposées à un proche dans son pays qui va s'occuper du développement (éventuellement prévoir de lui laisser une avance financière...). Etant donné leur fragilité, il vaut mieux choisir un transporteur fiable et rapide. Faire un emballage étanche et le
plus isotherme possible.
2- Faire développer sur place au fur et à mesure. C'est la méthode que j'ai employé dans mon tour du monde. Je stockais entre 5 et 10 pellicules en attendant une grande ville... ou le pays suivant. Ensuite, il faut sélectionner un labo correct. C'est d'autant plus facile aujourd'hui
que les procédés chimiques sont contrôlés par des machines assez simples à maîtriser. Le choix du labo peut se faire en demandant à contrôler des photos au hasard (pas celles dans la vitrine ou sur le comptoir ! ). Cette première sélection achevée, mon conseil est de donner une première pellicule
et de n'octroyer le reste que si, bien sûr, le résultat de la première est satisfaisant. Cette méthode permet de limiter les risques potentiels de gros ''loupés''. Je procède de la même façon en France où les résultats, en dehors des labos pros, peuvent être aussi ''inégaux'' que dans les pays
en voie de développement ! Traiter 10 pellicules d'un coup permet aussi de négocier une remise, ou bien de demander des agrandissements gratuits que vous pourrez envoyer à vos amis : c'est plus original que les cartes postales !
Développer sur place possède à mon avis d'autres avantages, c'est souvent bien moins cher en qu'en France et cela permet de vérifier régulièrement le bon état de son appareil ( propreté de l'objectif, rayures des pellicules dues aux grains de sable, mauvais fonctionnements...)
Un nouveau problème survient, celui du poids et de l'encombrement: 400 photos au fond du sac à dos, ça commence à peser ! Là aussi, la méthode du colis permet de se délester. Pour ma part, j’ai préféré limiter les risques de perte en n’envoyant que les tirages papier et en conservant les négatifs
avec moi jusqu'au moment où j'ai pu les acheminer sans risque vers la mère patrie.
Comment s'en sortir avec un numérique ?
- Prendre les photos à 5 Mégapixels plutôt qu'à 8 ou 10 Mégapixels. On peut déjà tirer des posters avec et ça prend moins de place mémoire !
- Acheter un disque dur autonome (piles) avec lecteur de carte. Mon choix personnel s'est porté sur le MemUp 80Go X Drive III qui permet le transfert (100% autonome) des cartes flash sur le disque dur. Si mes calculs sont bons, on doit pouvoir y mettre 50000 photos: de quoi voir venir un
moment !!
- Ne connaissant pas le degré de fiabilité de l'engin, il est judicieux de graver des CD / DVD dans un cybercafé ou autre dès qu'on en a l'occasion pour effectuer une sauvegarde de ces précieux fichiers (Mieux: en double, un CD qu'on envoie à la maison
et un qu'on garde avec soi).
- Les fichiers vidéo (sur mon appareil) sont stockés au format .MOV (Quicktime). Ce format non compressé est extrêmement gourmand en place mémoire: 1Go bouffé pour 5 minutes de film !!! Là, les 80Go du disque dur externe semble nettement moins ''confortables''
pour un voyage de longue durée. La solution est de compresser les fichiers en DIVX/MPEG4 ou MPEG2 (en utilisant un logiciel du genre RADVideo Tools sur PC).
Internet ?
C'est sympa de penser aux copains, et de les rendre jaloux, en envoyant vos meilleurs clichés en pièce jointe à vos mails.
Si vous avez un appareil numérique, les bons câbles, le logiciel de transfert, un ordinateur dans un cybercafé, alors : pas de soucis pour partager quelques photos en pièce jointe de vos mails.
Si vous avez pris l’option de faire développer vos photos sur place, il suffit d’aller (aussi) dans un cybercafé qui possède un scanner à plat et le tour est joué. Autre solution, celle du labo qui propose de graver un CD avec vos photos en haute définition mais cette possibilité n'est pas encore
offerte partout.
Si vous avez renvoyé les pellicules à un ami pour qu'il les développe, demandez lui son avis critique sur la qualité générale des clichés et sur les défauts constatés (rayures, sur ou sous-exposition, flash...). Armé d'un scanner, il pourra aussi diffuser vos oeuvres sur l'Internet.
Le Cadrage :
Sans parler des inévitables ''jambes coupées'' des photos de groupe, il est peut être utile de se rappeler quelques conseils de base.
Regardez dans votre viseur. Ce que vous voyez vous plait ? N'y a t-il pas un détail qui cloche ? Non ? Eh bien, allez y, appuyez ! 1) Les tiers :
Aucune règle n'est absolue mais celle des ''tiers'' peut s'appliquer à la plupart des compositions d'images. Il s'agit de positionner le sujet principal au tiers de l'image (horizontalement et verticalement). Cette règle permet de donner de la vie à vos images en évitant
une trop grande symétrie.
Exemple d'utilisation de la règle des tiers pour
le positionnement de l'horizon, du tronc, de l'avion...

2) La composition des plans :
Essayez de donner de la profondeur à votre image en étalant les plans et en exploitant les perspectives quand c'est possible. L'exemple ci-dessus montre nettement un premier plan avec le tronc et du feuillage, un deuxième plan avec l'hydravion et en troisième plan :
une palmeraie.
 Autre exemple. Sur cette photo de
la Vieille Charité à Marseille, un premier plan l'arcade entoure le reste de l'image. Ensuite, on découvre simultanément l'arrière de la chapelle et une perspective d'arcades sur trois niveaux. L'étagement des plans permet de donner du volume à l'image.
A moins de vouloir justement suggerer le vide, il faut s'efforcer d'occuper toutes les parties de l'image.
Souvent, attendre quelques instants permet de voir surgir des personnages qui vont donner vie à l'image comme sur cette photo très classique de l'église St Trophime à Arles. Les passants mettent en valeur le monument en soulignant la taille imposante du portail
et en cassant la symétrie du lieu.
La lumière
 La couleur
La lumière du soleil varie tout au long de la journée. Le matin et le soir sont les moments les plus favorables pour prendre les photos car la lumière y est douce et chaude. Quand le soleil est au zénith, les couleurs sont sans nuances et les reliefs sont complètement
écrasés, il n'y a plus d'ombres.
Exemple : Cette photo du fort St Jean qui garde l'entrée du Vieux port de Marseille a été prise un matin d'hiver. La belle luminosié générale et la couleur des pierres auraient été bien différentes à midi. La composition suit
également la sacro-sainte règle des 3 tiers.
En résumé : le bon photographe se lève tôt pour profiter de la belle lumière, mais aussi pour une ''ambiance'' matinale particulière. Dès que le soleil est monté, on peut ranger son appareil et aller faire la sieste en attendant le soir !
La mesure d'exposition
Les boitiers actuels sont dotés de cellules de mesure (matricielle, spot, pondérée) couplées à un microprocesseur qui calcule LA meilleure exposition. Souvent, un choix de programme (portrait, paysage, sport...) permet de paufiner la profondeur de champ en optimisant
le couple vitesse / diaphragme.
Pour l'amateur, le mieux est donc de laisser faire l'appareil dans la majorité des cas... et de savoir intervenir quand il faut. L'expérience et la connaissance de son matériel sont ici très importants. Les cas d'exposition généralement mal interprétés
par les boitiers automatiques sont le contre-jour et les cas où le sujet est très clair ou très foncé comme une photo sous la neige ou le portrait de quelqu'un à la peau foncée.
Pour les situations de contre-jour, la solution est simple : un petit coup de flash permet de déboucher les ombres. Pour les sujets très clairs, l'appareil recoit beaucoup de lumière aura tendance à sous-exposer (la neige devriendra grise), il faut donc corriger manuellement
l'exposition en ouvrant le diaphragme d'un cran. Pour les sujets foncés, c'est exactement le contraire qui se produit : il faudra fermer son diaphragme par rapport au calcul automatique.
Sur ce portrait d'une cueilleuse de thé Indienne, outre le cadrage légèrement trop centré sur le sujet
ou trop éloigné, la partie gauche du visage est totalement plongée dans l'ombre. Un petit coup de flash aurait pu améliorer la situation. L'autre solution, plus évidente, aurait été de demander à son modèle de se tourner juste un peu
plus face au soleil.
N'oubliez pas de prendre l'adresse pour envoyer un tirage.
Devant paysage nocturne, ne rien espérer du flash. La petite lumière ne va pas éclairer la montagne toute entière ? Au delà de 2 ou 3 mètres ce n'est plus la peine avec un flash traditionnel... De la même façon, il y a un net risque de
surexposition en cas d'utilisation d'un flash sur un sujet rapproché. A vous de faire l'essai sur votre matériel, et d'en tirer les conséquences.
Le site de Kodak.fr rubrique ''Photographie grand public'' puis ''Réalisation de superbes photos'' regroupe une mine de conseils et d'idées simples pour prendre de meilleures photos
en toutes circonstances. A voir !
Les photos panoramiques
Un des avantages du numérique est de pouvoir réaliser des photos panoramiques assez simplement: Le principe est de prendre plusieurs photos successives en changeant d'angle de prise de vue entre chaque cliché. Un programme permet ensuite de recomposer l'image complète.
On peut même réaliser des panoramiques à 360°. N'importe quel appareil fait l'affaire et avec un peu d'application on peut facilement prendre des photos à main levée pour créer des images panoramiques de paysages ou même d'architecture. C'est (presque)
comme si on avait un objectif grand angle sans avoir de matériel supplémentaire: tout bénéfice quand on veut voyager léger !!! Revenons sur terre: La technique de base est simple mais l'assemblage de photos comportant à la fois des plans rapprochés
et lointains n'est réalisable qu'en utilisant un pied et un une ''tête panoramique'' permettant de faire pivoter l'appareil sur son axe optique.
Il existe des dizaines de programmes différents permettant d'assembler les photos, il en existe de gratuits. Les plus sophistiqués de ces programmes permettent de réaliser des panoramiques décentrés par rapport à l'horizon, de corriger les déformations
de perspectives, les défauts des objectifs : déformations optiques, vignettage...
Dans tous les cas, il n'est pas exclu d'avoir à utiliser de temps en temps un programme de retouche d'image pour éliminer les défauts de raccordement éventuels.
Voici 2 exemples de photos panoramiques assemblés avec ''Panorama Maker 3.0''. Ce logiciel avait l'avantage d'être fourni avec mon appareil photo :-) Il est simple d'utilisation mais loin d'être le meilleur de sa catégorie.


Pour en avoir plus:
Je recommande chaudement la visite du site d'Arnaud Frich qui fait un tour complet de la question et présente de superbes panoramiques. Tous les aspects y sont traités,
de la prise de vue au traitement d'image en passant par les problèmes de mesure d'exposition et de tirage.
ACCUEIL

|
|