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Longtemps après
la création du monde et des hommes, Maui partit pêcher. Il s'avançât
très très loin sur la mer... Alors, il sortit son hameçon magique.
Il attrapa un énorme poisson. Alors qu'il tentait de le remonter à
bord, le poisson se transforma en île, l'île du nord. Son canoë devint
l'île du sud. La Nouvelle-Zélande était née.
Le nord
Me voici maintenant arrivé à Auckland, la tête à l'envers après
11 heures d'avion. Trois mots peuvent résumer la NZ : vert, propre
et accueillant. Beaucoup de paysages peuvent rappeler l'Auvergne ou
la Suisse, à la différence qu'il y a très peu de monde, d'industrie
et de pollution. L'eau, douce ou salée est toujours superbement transparente
et prend toutes les teintes possibles entre le bleu et le vert. A
cela s'ajoutent des forets primaires exceptionnelles, avec des fougères
et des arbres moussus.
Comme je n'ai pas encore choisi d'endroit où aller, je suis les conseils
(avisés) d'une Allemande fraîchement débarquée qui m'entraîne vers
Waipu, 100 km au nord d'Auckland. Les bains de mer sont rafraîchissants,
un peu de surf, de vélo et quelques côtelettes d'agneau pour compenser
agréablement l'énergie dépensée. J'apprécie le grand calme de cet
endroit.
Apres quatre jours à ce rythme trépidant, je retourne à l'aéroport
pour accueillir Gilles, un copain de Marseille très en forme après
30 heures de voyage et une nuit à Hong Kong. De France, il a réservé
une voiture et les Bed & Breakfast sur un parcours qui va nous mener
d'Auckland à Dunedin dans l'île du sud en trois semaines. Deux nuits
à Auckland nous permettent d'explorer la ''City of Sails'' en pleine
coupe de l'America. Il y a un bateau pour 7 habitants en NZ. La deuxième
obsession nationale après la voile n'est autre que le rugby, (Ecoutez
le Haka en mp3) et quand on dit qu'on est français ressort le
cuisant échec des All Blacks en demi finale de coupe du monde contre
les bleus. C'est le seul pays on ne me parlera du prodigieux footballeur
Zidane.
Malgré son million d'habitants, la ville me semble étonnement lisse,
propre et calme... Il est vrai que je viens de passer deux mois ''contrastés''
en Inde qui ont peut être changé mes références habituelles !!!
Je trouve aussi tout horriblement cher, et Gilles n'arrête pas de
me dire que c'est normal. Il m'explique qu'on ne va pas au restaurant
et à l'hôtel en dépensant 1 ou 2 euros par jour. Direction plein sud
pour explorer l'île du nord. On cherche un peu le levier de vitesse
au début, mais la conduite à gauche est finalement assez facile à
maîtriser. Un autre particularité surprend même les Anglais : c'est
l'inversion des commandes au volant, on met un coup d'essuie glace
quand on veut tourner, et on active les clignotants à la moindre goutte
!
Beaucoup de vaches en rangs serrés, lacs, volcans, geysers sources
d'eau chaude. A Whakarewara, 15$ pour visiter un 'authentique' village
Maori au milieu de deux mares de boue fumante. Le bouquet, c'est que
l'attraction principale, un petit geyser, est située sur un parc voisin
où l'entrée se monnaie 18$. Les propriétaires roulent en Porsche.
On a limité les frais en ne faisant que la première visite. L'après
midi, on va se décrasser la couenne dans les 45°C des sources d'eau
chaude aux noms évocateurs de 'priest spring' ou 'radium spring'.
Au bout de deux heures à tremper, on est aussi ridés que des tortues.

Le lendemain, Gilles part pêcher la truite arc en ciel sur le lac.
Il fait pas mal de belles prises. Route au sud, nous faisons halte
à Taupo, Whakapapa et le volcan Ruapehu avant d'arriver à la pointe
sud de l'île. Wellington ressemble plus à une banlieue résidentielle
qu'a la capitale du pays. Les villas s'égrainent le long des plages.
Il y a même des panneaux qui demandent de faire attention aux pingouins
qui ne sont pas manchots quand il s'agit de traverser les routes.
Le sud
Une petite demi journée et une soirée ici avant d'embarquer sur le
ferry qui nous emmène vers l'île du sud, encore moins peuplée et plus
sauvage. Accompagnés par quelques joyeux dauphins, nous pénétrons
dans le fjord de Marlborough Sounds et débarquons à Picton.
On récupère une nouvelle voiture car on a laissé l'autre à Wellington,
de l'autre côté. En route pour Kaiteriteri en bordure du parc Abel
Tasman. Le sable est doré et l'eau est vert émeraude, mais toutefois
bien fraîche pour la baignade. Un peu de kayak de mer nous permet
de découvrir la côte sur un nouvel angle tout en se dégourdissant
les bras. Notre hôtel possède une vue inégalable sur la baie et le
temps est toujours clément, un vrai bonheur.
Avant de partir descendre la côte ouest, je fais un saut à Nelson.
'Saut' est un mot bien choisi, puisqu'il s'agit de monter dans un
petit avion jusqu'à 12000 pieds (4000m), ouvrir la porte et se jeter
dans le vide fermement harnaché à un moniteur. Cela faisait des années
que je rêvais d'essayer la chute libre, je sais maintenant que ça
me plait. Après cette séquence émotions, rien de tel qu'un Pavlova
pour compenser. Le Pavlova, c'est le dessert national : un empilage
de meringue, crème Chantilly et fruits frais (miam miam). Les gourmands
pourront aussi demander à rajouter une ou deux boules de glace :-))
Ensuite, c'est la descente de la cote ouest avec un front de mer encore
plus beau que d'habitude, et d'étonnants glaciers dont la base est
à seulement 300m d'altitude, au milieu de la foret primaire. Si ils
descendent si bas, ce n'est pas qu'il fait froid, c'est à cause de
la pluviométrie très élevée de la région.
Nous voici maintenant à Queenstown, la capitale mondiale de l'aventure.
C'est une station de montagne au bord d'un grand lac. L'aventure rime
ici avec décharge d'adrénaline, sur terre, sur l'eau et dans les airs.
Cela va du jet boat à fond dans les gorges au saut à l'élastique...
Il y en a pour tous les goûts si on a une bourse bien garnie. On peut
même réserver des 'combos' qui permettent d'enchaîner les activités
extrêmes !
Nous nous contenterons d'une bonne virée à VTT.
Toujours plus au sud, nous arrivons à Te Anau, ville morne au sud
est de l'île. Le lendemain matin, nous roulons sur la ''most scenic
road of the world'' qui nous fait traverser de sublimes paysages sauvages
où se succèdent montagnes, lacs miroir, rivières translicides et forêts
primaires avant d'atteindre le fjord Milford Sound, autoproclamé huitième
merveille du monde. Le fjord est superbe, même s'il n'est pas comparable
aux géants Norvégiens. Il pleut ici entre 5 et 6 mètres
d'eau par an, c'est donc tout proche du record mondial de précipitation,
mais nous resterons secs aujourd'hui : il fait un temps superbe. C'est
bien pour la vue, l'inconvénient, très relatif, c'est que les chutes
d'eau dans le fjord sont maigrelettes : on ne peut pas tout avoir
!!!
On quitte finalement la mer de Tasmanie, à l'ouest, pour le Pacifique
Sud, du coté est de l'île. Beaucoup de moutons et quelques rares pingouins
(déplumés et à œil jaune s'il vous plait) nous attendent
sur la péninsule Otago, à Dunedin.
Comme Gilles veut absolument rentrer travailler, je l'emmène à l'aéroport
du coin et il s'envole pour Marseille... Le musée de cette petite
ville est très intéressant, il présente une étude comparée des objets
et civilisations du Pacifique. L'amateur d'Arts Premiers que je suis
est comblé.
Le lendemain, je prends le bus pour Chistchurch (j'ai rendu la voiture).
Hormis la visite de cette jolie petite ville, je fais 5 vols en parapente,
sur trois sites différents.
Retour au nord
Un 737 me ramène à Auckland, il faut que je fixe les dates pour 5
vols dans le Pacifique sud avec 2 compagnies. Une fois fait, je retourne
à Waipu quelques jours et part explorer le nord. Je trouve une voiture
pour m'emmener à Bay of Islands. Sans compter les 150 îles qui parsèment
la baie, l'attraction principale, c'est la plongée sous-marine sur
l'épave du Rainbow Warrior qui gît ici par 25 m de fond. De nombreux
panneaux d'information racontent la pitoyable histoire du sabotage
du bateau de Greenpeace par des agents français... rien de
très glorieux pour l'Etat Français. Il semble cependant que les néo-zélandais
ne nous en tiennent plus rigueur.
Encore plus au nord, à côté de la ninety mile beach qui n'en fait
pourtant 'que' 60, je m'offre une séquence de travaux manuels à Kaitaia.
Encadré par un maori, je fais ma première sculpture sur os, un pendentif
représentant un hameçon stylisé. La tradition maori interdit de porter
sa première création, il faut l'offrir à quelqu'un en racontant une
histoire du genre ''c'est un vieux pêcheur qui me l'a donné''...
De retour en bus à Auckland, j'achète un guide de voyage ''South
Pacific'' et me prépare pour mes prochaines destinations, le 19 mars
: Nadi (Fiji islands), puis Cook, Tahiti, Ile de Pâques et Santiago...
Caramba !
Le pays est vraiment très beau, il y fait bon vivre. On se sent comme
chez soi. Si c'est moins dépaysant que mes autres destinations, c'est
aussi beaucoup plus relaxant. En plus, on a eu de la chance du coté
du temps, seulement 2 jours de pluie et une température agréable.
C'est remarquable, car nous avons traversé certains coins parmi
les plus arrosés de la planète avec 6m d'eau par an ! Il faut vraiment
de la chance car la semaine dernière, alors que je bronzais sur les
plages du nord, il neigeait à seulement 800m dans l'île du sud.
Antipodement votre,
Xavier

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