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Inde
du Nord Au départ de Katmandou (Népal)
j’embarque dans la soirée en direction de l’Inde en compagnie de mes trois compagnons
de route : Philippe, Jean Philippe et Raphaël. On passe la frontière au petit
matin, un peu cassés. Les formalités sont vites accomplies. Après un petit déjeuner
avalé dans un boui-boui local. Nous nous dirigeons maintenant vers notre bus en
correspondance pour Varanasi qui attend les touristes. Les ennuis commencent,
l’armée des aides chauffeurs demandent une importante « taxe » pour
les sacs. Moi, j’aurai payé. Mais on ne la fait pas à Philippe qui a déjà passé
un mois en Inde. Il connaît le truc. Les discussions commencent.... elles vont
durer 2 heures. Avec beaucoup d’énervement et d’intimidations respectives, on
installe nos sacs sur le toit du bus, et on grimpe dedans sans payer de bakchich.
Ils demandaient environ le quart du prix du billet ! Finalement, on démarre
pour Varanasi (nouveau nom de Bénarès). Ce n’est pas utra-confortable
mais chacun est sur un siège, à part ceux qui sont arrivés plus tard et qui sont
sur le toit. On traverse la plaine du Gange, les rizières bordées de palmiers
s’étendent à perte de vue. Le bus s’arrête toutes les 4 heures pour une pause,
ce qui permet de se déplier les jambes et se sustenter. Déjà, l’Inde nous caresse
les sens : Visite de la ville
et recherche d’un hôtel. La ville moderne semble sans intérêt
touristique majeur, concert de Klaxon, vaches broutant les détritus,
cohue, marchés, pollution, mendiants… Dans la vieille ville, c’est
le moyen-âge tel que je me l’imagine : dédale de ruelles
étroites en terre battue, jonchées de détritus et d’excréments
de toute nature. Les bouses sont ramassées et séchées en galettes
contre les murs, elles serviront de combustible. Je me dis que
c’est la dernière fois que je me promène ici en sandalettes. Le
tableau de la vieille ville ne serait pas complet sans parler
du Gange et des ghats (ce sont des escaliers qui descendent dans
l’eau). Ici, pour le standard indien, tout est beaucoup plus propre
(certains diraient « moins sale »). Il y a pas mal d’animation,
mais on est protégé du vacarme et de la pollution lié à la circulation.
Cela crée une atmosphère toute particulière, assez plaisante.
On s’installe au Vishnu rest house, juste au dessus des ghats.
Il y a une grande terrasse avec une vue imprenable sur le Gange.
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Direction Rajasthan : Bus pour Jaipur, la ville rose nous accueille dans un nuage de pollution. On galère un peu pour trouver un hôtel décent à prix correct. C'est un bordel monstre dans les rues, en plus de la multitude, on trouve pêle-mêle : des chameaux, éléphants, chevaux, bœufs, charrettes à bras, bus, vélos, camions, autos, scooters, rickshaws, cyclo-pousse... Pour couronner le tout, quand on se promène en ville, il faut enjamber les groupes électrogènes posés tous les trois mètres sur les trottoirs. L’asphyxie est totale. Cela nous ferait presque oublier que Jaipur est surnommée ‘la ville rose’ en raison de la couleur de nombreuses maisons et bâtiments. Echappés de cet enfer, nous atteignons tous les quatre la petite bourgade de Pushkar, fatigués, mais vivants. Le chauffeur du bus, un vrai casse-cou, se croyait sans doute dans un rallye-raid. ‘Les autres n'ont qu'à se pousser !’. Je me souviens particulièrement face à face successifs où notre Senna indien, commence à doubler (sans visibilité), se rabat sur sa file (le camion en face est plus gros que nous, donc prioritaire), et fini sa course folle en écrasant le frein, le pare brise est à 10 cm de l’oreille du chameau qui trottinait à contre sens de l’intense circulation, le chamelier a eu le bon réflexe : il a tiré sur un renne juste avant l’impact et son chameau à la joue contre le pare brise au lieu d’avoir la tête incrustée dedans. Ganesh et Krishna nous protègent : on peut repartir à fond de ballon. Je tire un enseignement de ce trajet : si on peut, il vaut mieux éviter les places de devant. Nous restons 5 jours
à Pushkar. La ville est renommée dans tout le Rajasthan, et même
plus loin, pour sa foire annuelle aux chameaux. Mais là, nous
apprécions l’atmosphère tranquille et décontractée de la ville
bâtie autour d'un lac sacré. Toutes les maisons sont blanchies
à la chaux, ca fait "propre". Il est bien agréable de
rêvasser sur un toit terrasse, surplombant les pèlerins qui font
leurs ablutions ou leur lessive. Je tire un enseignement de ce trajet : si on peut, il vaut mieux éviter les places de derrière. De Bikaner, je retiens
l’odeur pestilentielle d’un infâme ‘lac’ en plein centre ville,
face au palais. C'est notre point de départ pour une excursion
vers Deshnok qui possède un temple assez singulier puisque l'on
y vénère les rats. Il y en a des milliers qui courent partout.
Comme dans tous les temples, on marche pieds nus et ces petites
bêtes en profitent pour nous renifler gentiment les orteils ! Aux portes du désert
du Thar et en plein cœur du Rajasthan, nous arrivons à Jaisalmer,
ville fortifiée de couleur ocre. Les hommes sont très élégants,
ils arborent fièrement moustache et turban. Les femmes portent
tout leur or sur elles, colliers, bracelets, et même une chaînette
reliant une narine à une boucle d'oreille. L’endroit est magnifique
et assez touristique. Les maisons de la vielle ville sont en pierres
sculptées comme de la dentelle mais quand on marche dans les rues
c’est l’endroit où on pose les pieds qui est important. Il paraît
que ça porte bonheur quand on met le pied gauche dedans. Je tire un enseignement de ce trajet : si on peut, il vaut mieux éviter les chameaux.
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Je reprends la route du sud, direction Mysore dans le Karnataka. Longue route avec 3 changements de bus. Cette agréable ville possède entre autre un joli palais, kitsch à souhaits, orné de superbes vitraux 1900. En compagnie d'un anglais et d'un hollandais, je rencontre un saddhu dans sa minuscule grotte aménagée en temple. Il nous prépare un thé en fumant son joint, le tout sur une musique répétitive "Hare Krishna, Hare, Hare...". J'imagine la même scène en France : un brave curé, après l'office, offrant un café à trois chinois de passage avec des cantiques en fond sonore ;-) Mysore possède aussi un superbe marché avec des fruits, des légumes et des fleurs. Mon appareil photo crépite. Je rencontre aussi quelques étudiants en art plastique du ‘fine art school’ lors d’une expo. Nous confrontons nos cultures et points de vues très différents sur la peinture et la sculpture.
Les temples sont de style « dravidien ». Les toits des temples sont ornés d’une multitude de sculptures multicolores multibras. La ville est aussi réputée pour ses textiles et j'en profite pour faire quelques emplettes et me faire couper des copies de chemises. J’achète aussi un tapis en laine provenant du Cachemire et j’envoie mon deuxième colis pour la France. Il contient mes derniers achats et divers ustensiles que je trimballe pour rien dans mon sac. Je vais pouvoir continuer à voyager léger. L’envoi d’un colis, c’est toute une aventure. Tout d’abord, il faut le préparer, trouver un carton. Ensuite, il faut acheter quelques mètres de tissu et aller chez un tailleur pour qu’il couse le tissus autour du colis. Ce n’est pas fini, il faut maintenant cacheter le colis à la cire chaude en appliquant un sceau sur toutes les coutures, remplir un formulaire pour les douanes (faire attention à ne pas déclarer plus de 1000 roupies) et finalement aller à la poste pour essayer d’envoyer son paquet… et espérer que ça arrive ! ! ! Il faut presque se battre dans la queue et se mettre en colère pour empêcher de se faire passer devant par tout le monde, mais maintenant, j’ai l’habitude, c’est la même chose pour un billet de train ou payer à l’épicerie. A titre d’info, et pour rassurer les anxieux, j’ai bien récupéré mon colis. Il a mis 5 mois et demi.
Après un trajet épuisant de 17h en bus, je m’écroule à Pondichéry, ancien comptoir français. Il ne subsiste que quelques traces de cette présence : le nom des rues et les képis des policiers. Plus intéressant, il y a aussi du pain, des croissants et toutes sortes de gâteaux : cela permet de varier un peu. Je supporte de moins en moins les repas pimentés à la mode locale. Pleurer et se moucher quand on avale son petit déjeuner, son déjeuner et son repas de midi, c’est fatigant à la longue et ca brûle les boyaux sur tout le trajet. Après quelques jours passés à me baigner dans le golfe du Bengale et sillonner la ville à pieds et à bicyclette, je pars en train pour Tirupati, 150 km à l'ouest de Madras.
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Singapour...
J’atterris à Singapour.
Première opération : trouver une chambre et retirer un peu
d’argent. Par chance, je tombe sur Sandy qui a des chambres à
louer pour un prix très raisonnable ( 10 ) et les distributeurs
automatiques de billets ne manquent pas.
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