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EQUATEUR
Le paysage change radicalement, on passe du désert aux bananeraies!
La population change aussi, on retrouve ici les indiens, les tissus
colorés, les chapeaux... on en avait plus vu depuis Cusco.
Nous voici à Cuenca, la plus jolie ville du pays selon mon guide (qui
ne raconte pas que des bêtises). La cite coloniale est très bien conservée,
elle donne une impression de grande richesse. C'est étonnant dans ce
pays en crise: la monnaie -le sucre- est remplacée par le dollar américain,
et cela entraîne une hausse des prix sans précèdent. On ne peut pas
dire que les pauvres, et ils sont nombreux, profitent de la "dolarizacion".
Des manifs, ou pire, sont à craindre. La présence policière est très
marquée. L'étape suivante, c'est un voyage en train de Alausi a Riobamba
en empruntant la "ligne la plus dangereuse du monde". Pour ajouter du
piment, on voyage sur le toit des wagons. Le trajet commence par la
descente d'une quasi-falaise en effectuant des aller-retour, ensuite,
la voie devient plus "normale". Le train ne déraillera que trois fois
au cours des 6 heures de trajet: pas de quoi s'affoler, c'est la routine.
Notre camion nous attend à l'arrivée et nous transporte à Baños, au
pied du volcan Tungurahua qui crache des cendres incandescentes que
l'on ne verra jamais à cause de nuages. Par contre, la nuit, on l'entend
gronder.
Trois jours bien agréables ici: VTT, bains dans les termes et resto
français.
Nous n'avons pas visité les parties amazoniennes de la Bolivie ou du
Pérou. Cette omission va être réparée. Grande descente dans la jungle
amazonienne. La température augmente nettement, l'humidité aussi. On
passe quelques jours dans la jungle du côté de Tena. On joue pas les
Rambos en stage de survie, c'est plutôt récréatif : baignades dans la
rivière, descentes en bouées, escalades de cascades... Sympa et humide,
mais on ne va pas moisir plus longtemps ici.
18 juin, Quito nous appelle. La route s'élève et la température décroît
à nouveau. On s'arrête pile poil sur l'équateur pour faire des photos
souvenir, un pied dans chaque hémisphère. Notre dernière journée
est consacrée à la visite du marché touristique d'Otavalo,
150 km au nord de la capitale.
Voilà, c'est fini pour mon voyage organise: Santiago-Quito en 8 semaines.
Vive la liberté. Les soirées d'adieux s'enchaîner avec leur cortège
de viande saoule. L'aspirine est là tous les matins pour limiter le
mal de crâne...
La première chose dont je m'occupe à Quito, c'est de trouver une croisière
au meilleur rapport qualité prix pour les Galápagos. Le bateau est en
effet le seul moyen de visiter ces îles. En réservant d'ici, on a droit
à des prix de dernière minute (à peu près deux fois moins cher qu'en
réservant d'Europe). Une 'affaire', même si cela reste encore très cher.
On peut encore avoir une réduction supplémentaire en allant négocier
directement sur place, mais la haute saison approche et je préfaire
assurer une réservation fiable. Après avoir vu plusieurs agences,
je trouve finalement mon bonheur et pars dès le lendemain pour l'île
de Baltra aux Galapagos.

photos et récits des Galapagos
12 jours plus
tard, en revenant des îles Galapagos...
De retour à Quito : Je retrouve mon camarade Cliff (pas le chauffeur,
un autre) avec qui j'ai prévu d'aller faire un tour en Colombie. J'ai
eu pas mal d'échos contradictoires sur ce pays, plutôt plus que moins
en proie à la guerre civile.
Pour en avoir le cœur net, je vais faire une visite au South American
Explorer's Club, un organisme indépendant qui renseigne les touristes.
Une charmante équatorienne francophone me reçoit :
- 'Toute la zone sud du pays contient des poches de guérilla, mais
le plus dangereux c'est la police et l'armée sous payés qui dépouillent
tout le monde' (sic !), elle ajoute :
- 'Normalement, on n'est pas tué ou kidnappé, mais on a de bonnes
chances de rentrer en slip' (re-sic !). Cependant,
-'Il y a quand même des touristes qui traversent le pays sans encombre'.
Me voilà complètement rassuré :-o
On discute aussi de la sécurité à Quito. Elle a vécu un an en France
et elle me surprend un peu :
-'Quito est aussi sûr que Paris' me dit elle,
- 'il y a pas mal de problèmes aussi là bas'. Et je suis un peu bouche
bée. Cela fait presque un an que j'ai quitté la France mais je ne
me souviens pas d'avoir vu un garde en gilet pare balle et avec un
fusil à pompe devant chaque McDo. A Quito, si.
En tout cas, j'ai bien compris le message : La Colombie, c'est certainement
très joli, les gens sont très accueillants mais on verra quand même
plus tard.
Le plan B, car je n'aime pas rester trop longtemps sans rien faire,
c'est de tenter l'ascension du Cotopaxi qui culmine à 5897m.
C'est le deuxième sommet du pays après le Chimborazo. Le nom Cotopaxi
veut dire 'le manteau de la lune' en indien Quechua. Un très joli
nom. Le problème majeur de l'ascension, à part la qualité de la neige,
la météo, la forme physique, c'est l'acclimatation à l'altitude :
je viens de passer 12 jours au niveau de la mer et même un peu en
dessous. Ce n'est pas bon pour mes globules. L'agence de guides me
propose un programme d'acclimatation sur plusieurs jours, je le suis
à la lettre :
- Mercredi : El Pasochoa à 4000m
- Jeudi : El Corazón, 4800m. La même altitude que le Mont Blanc,
mais en baskets. Les derniers 300m sont durs avec des maux de tête
et des pertes d'équilibres dues à l'altitude. Je grimpe avec deux
équatoriens rencontrés en chemin. Ramiro et Marito sont étudiants
et parlent un peu anglais. Au sommet, on a la chance d'apercevoir
4 majestueux condors. 6 heures de montée pour 1800m de deniv. En 3
heures, on est en bas, rompus.
-Vendredi : repos bien merité. Je vais chez le coiffeur
pour gagner du poids.
- Samedi : montée au refuge du Cotopaxi. C'est pas trop fatigant.
Le parking est à 4500m et le refuge seulement 300m plus haut.
A 6H on va se coucher.
-Dimanche :
*0H00, c'est pas un tôt pour le petit déjeuner ?
*0H50, début de la montée encordé à mon guide de haute
montagne. Il s'appelle Beno, il est Suisse et vit en Equateur depuis
6 ans. J'ai de la chance, j'ai un guide pour moi tout seul, les autres
clients ont annulé. Du côté des conditions climatiques,
on n'est pas trés gâtés : vent, pluie verglaçante, et
neige un peu plus haut. A cette altitude, il ne fait pas bien chaud
non plus. Le côté positif, c'est que la neige est très
facile, les crampons accrochent sans soucis, la progression est régulière.
*6H00, Il ne reste que 200 à gravir. Le jour est arrivé,
le ciel s'est dégagé. Le seul problème... c'est moi ! L'altitude se
fait sentir : mal de tête et de temps en temps comme une désagréable
envie de vomir. Avant, je marchais à pas de fourmis, maintenant, c'est
des demis-pas et je m'arrête tous les 50m. Un vrai chemin de croix,
'il faut marcher avec la tête, plus avec les jambes' m'indique Beno.
Ces 200m vont m'occuper l'esprit pendant 2H40, dur, dur ! Je suis
claqué, vidé, je veux m'asseoir là et ne plus bouger. Mais je monte
quand même, il faut penser à bouger ses pieds faire marcher les muscles
des cuisses et des mollets, planter les crampons, ne pas perdre l'équilibre,
faire encore un pas : la marche n'est plus automatique, je repense
avec ce qui me reste de lucidité à ce que m'a dit Beno : 'il
faut marcher avec la tête, plus avec les jambes'.
*8H40,
5897m. La récompense du sommet est là. La vue est superbe. Photos
souvenir de l'exploit. La descente peut commencer. On va plutôt vite,
seulement 1H30 pour arriver au refuge.
Aujourd'hui seulement 11 personnes atteignent le sommet sur la cinquantaine
qui l'a tenté. Retour à Quito peu après midi. L'aspirine vient
finalement à bout de mon mal de tête, qu'elle en soit publiquement
remerciée !
Le lendemain, maman m'envoie un courrier électronique. Elle
est fière de son fiston, mais il est temps de rentrer à la maison,
car la cartouche d'encre de l'imprimante est vide.
Il ne me reste plus qu'une semaine avant de monter dans l'avion qui
va me ramener à Marseille. Je vais la passer à Quito en prenant tous
les jours 4 heures de cours particuliers dans une des multiples écoles
d'espagnol de la ville. C'est sympa, efficace et avantageux, j'aurai
dû commencer par ça. Tous les jours, une fois les devoirs terminés,
avec Cliff et une petite bande de copains et copines, on part se faire
une bonne bouffe ou danser la salsa (je ne sais pas danser mais l'ambiance
et super !)

EPILOGUE
?
Voilà, demain je rentre. Cela ne m'enchante pas autant que les Galápagos.
Je continuerai bien quelques mois de plus mais il faut se faire une
raison, ou même plusieurs. J'en ai fait une liste :
- Cotiser à la secu,
- Trier mes photos (j'en ai un paquet),
- Déguster des paupiettes de veau et des bouchées à
la reine,
- Me nettoyer le gosier au Chateauneuf du Pape,
- Arrêter de faire mon sac tous les deux jours,
- et bien sur, changer la cartouche d'encre de l'imprimante ! (La
liste n'étant pas limitative)
Hasta pronto,
Xavier, El Globotrotter
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